Allure futuriste, tablettes numériques à bord et surtout, Zéro Emission : mercredi 26 mars à 14h15, Le Strasbourg, premier bateau-promenade 100% électrique de Batorama, quittait le quai.

Pour sa première sortie publique : une balade de 1h15, pleine de découvertes. Après avoir vogué jusqu'aux Ponts Couverts, être passé sous le Tribunal, au pied des Pontonniers et jusqu'au Parlement Européen et la Krutenau... Retour à l'embarcadère Cathédrale, pour des premières impressions à chaud du public et de l'équipage.
Il s'agissait là d'une première. Montant à bord sans prendre la mesure de l'événement : une cinquantaine de touristes. Des couples de tout âge, quelques familles, des ami(e)s. Et même une anglophone arrivée juste à temps à l'embarquement, prête à embarquer sur ce bateau plutôt que sur celui qu'elle avait réservé, avant de quitter la ville dans la foulée. Une belle opportunité qu'il aurait été dommage de rater.
Assis çà et là : des groupes, certains attentifs et contemplatifs, d'autres complices et rigolards. Parmi eux, l'équipe de Batorama aussi nerveuse que curieuse avant ce grand départ.
Après des années à se conjuguer au futur, cette nouvelle étape du renouvellement de la flotte de la compagnie « Programme Caravelle » s'ancre désormais dans le présent. Avec cette première sortie publique, Le Strasbourg est prêt à montrer toute l'étendue de ses talents. Au cœur de cette innovation ? L'envie d'adopter des pratiques toujours plus respectueuses de l'environnement, afin de « répondre aux enjeux écologiques ».
Au fil de la balade, certaines choses ne changent pas, comme les « coucous » lancés d'un côté ou de l'autre du bateau, avec les badauds... Plus amusant encore : la petite fille qui tente de défier Le Strasbourg à la course, depuis les berges.
Sans compter les regards des passant(e)s aux écluses, à la Petite France. Ou bien serait-ce les nouveaux angles du Strasbourg, qui remplacent les courbes d'antan qui attirent leur curiosité ? Avec son toit vitré complètement escamotable (pour s'adapter à la météo aléatoire de la ville dont il tire le nom), la différence est notable.

Bateau découvrable avec verrière escamotable
Plus grand, plus fort mais discret
Jérôme, capitaine chez Batorama depuis 1998, était à la barre pour ce premier voyage. Il confie par ailleurs que « c'était un peu impressionnant, ça change de nos bateaux habituels. [...] Il est plus grand, plus large, plus haut. Le poste de pilotage est différent ».
S'il explique qu’« il faut être plus concentré » dans les passages des écluses, il relève qu’« au niveau du confort, c'est agréable : on n’entend rien. C'est vraiment calme ».
Car pour qui navigue régulièrement : un moteur de bateau s'entend. Première chose à noter : Le Strasbourg, tout électrique, se fait ici très discret. Pas de gros vrombissement à l'horizon. Au point même de laisser un voyageur doucement – et rien qu'un instant – piquer du nez après le déjeuner, sous l’oeil amusé de sa compagne.
Une Britannique a pu profiter quant à elle du calme, autant que de l'espace dédié aux poussettes et aux sanitaires à l'écart, à l'arrière. Un vrai souci d'accessibilité et d'intimité pour les familles, que salue cette jeune femme, accompagnée de son bambin.

135 passagers à bord et pont-terrasse arrière capacité 10 passagers
Un nouvel outil de médiation numérique
Autre nouveauté, et pas des moindres : les tablettes tactiles adossé à chaque siège, pour des visites interactives et didactiques. Le bateau alors encore à l'arrêt à son départ, c'est sous les doigts des passagers et passagères, qu'elles s'allumèrent et s'animèrent pour leur grande première. Disponibles en deux modes – adulte et enfant –, et en douze langues pour le premier, en quatre pour le second, c'est une vraie innovation.
Pour enrichir sa visite, Le Strasbourg propose ainsi pour les enfants des jeux (avec des pirates) ; et pour les adultes : des photos pour illustrer son propos, un texte qui défile pour suivre l'audio, une carte du parcours en temps réel et des vidéos. Luvick, coordinateur travaux sur Le Strasbourg, relève ainsi la « curiosité » des gens, à l'égard de cette caméra (placée à l'avant du bateau) qui filme les passages d'écluses.
Des options découvertes également par une famille de Français(e)s qui, à quai, ont expliqué avoir « tout de suite vu que c'était un nouveau bateau ». « Ravi(e)s du tout électrique », les parents sont toutefois partagés sur la présence des écrans avec les enfants... D'un côté, « leur attention était captée » et les enfants, « sages » pendant le trajet. De l'autre : il était difficile « de les raccrocher à l'Histoire, aux paysages ». Sans être un problème : un paradoxe à gérer, un équilibre à trouver.
Pour un voyageur grec, « le vrai plus, c'est de pouvoir écouter et lire en même temps » : avoir le texte qui s'affiche en parallèle de l'audio autorise une rêverie momentanée lors des explications, puisqu'elle permet de rattraper peu après, sa possible inattention.

Tablettes tactiles, commentaires multilingues, jeux, etc.
Pour l'équipage, les tablettes tactiles sont d'ailleurs « un gros changement ». Après avoir été eux-mêmes briefés sur leur utilisation, les membres de l'équipage notent la fluidité de leur usage, et les nombreux paramètres qui les rendent « complètes ». « Les gens ont su y faire rapidement » remarque Laurent, Commandant depuis avril 2001. D'après lui, et malgré les nouvelles options, la prise en main en devient plus simple et plus autonome que les réglages des langues sur les anciens boîtiers.
Autre remarque de nos parents français : les écouteurs, sont peu appréciés des enfants, distribués à la demande au début de la visite et conçus à base de fibres de maïs pour réduire leur impact environnemental... Ils pourront toutefois être remplacés par sa propre paire d'écouteurs ou son casque, en les connectant désormais en prise jack ou en Bluetooth : une nouveauté du Strasbourg.

Des tablettes tactiles pour agrémenter l'expérience du passager
Une balade au cœur du patrimoine Strasbourgeois
Mais si Le Strasbourg offre de nouvelles options, l'ADN reste le même que sur les autres bateaux-promenades de la flotte : celui de marier la découverte du patrimoine de la ville et le plaisir de voguer sur l'Ill.
Une visite qu'ont appréciée Léa et Marc, deux jeunes Rennois(e)s qui n'ont loupé aucune photo ni écluses, avec l'écran à leur portée. Conseillé(e)s par leur amie Strasbourgeoise, le duo n'est pas déçu du voyage. Tellement, qu'il pense déjà à le recommander à leurs parents bientôt de passage.
Pour Sylvia et Jan de Weimar, habitué(e)s des sorties en bateaux-promenades, comme à Paris : sans avoir beaucoup utilisé les tablettes, les informations étaient très intéressantes et complètes... On leur laissera d'ailleurs le mot de la fin. Car, pour ce couple allemand vraiment content : « alles super » (« tout est super »).

Autrice : Fanny Soriano
Rédactrice chez Batorama depuis avril 2025
À propos de l'autrice
Enfant, elle s'est rêvée pirate, et adulte : capitaine de voilier. Une destinée tombée à l'eau, avec pour seule bouée : les mots. Mais de Strasbourg qui l'a vue naître, Fanny Soriano en connaît tous les canaux. Qu'ils soient longés au fil de l'eau, à vélo ; maladroitement sur un canoë ; ou un court instant à la barre d'un bateau-croisière. Même sans permis bateau ni aucune mer, elle aime à penser que l'évasion du grand large s'ouvre sur l'Ill, à celui ou celle qui en oublierait l'horizon de la ville.